Recours engagé le 20 novembre 2020 relatif au changement de titulaire

Arromanches, le 26 novembre 2020

Nous avons déposé un recours la semaine dernière sur les motifs suivants :

L’autorisation d’exploitation du parc éolien en mer de Courseulles-Arromanches a été octroyée en 2012 sur la base d’éléments constitutifs de garanties qui ont cessé d’exister, dès lors que la société de projet attributaire Eolien Maritime France a changé de nature en changeant d’actionnariat.

En effet, le choix de cette société au capital de 37 000 EUR, pour la réalisation d’un projet de plusieurs milliards d’euros, ne repose que sur les références, la compétence et l’activité de ses actionnaires, qui étaient en 2012 EDF d’une part, et Dong Energy d’autre part, l’énergéticien national danois, leader mondial de l’éolien en mer à cette époque.

Le remplacement en 2016 de Dong Energy par le canadien Enbridge - société spécialiste de transport de pétrole par oléoduc - nous semble inacceptable, car il revient pour l’attributaire choisi par l’Etat à librement se détacher des conditions qui ont permis sa désignation. En effet, la présence de Dong Energy était la garantie de meilleure réalisation possible du projet, notamment sur les impacts minimisés sur l’environnement, ainsi que d’un transfert d’expertise du leader mondial vers EDF, nouveau sur ce domaine.

Ce changement nous semble d’autant plus contestable que le projet bénéficie d’une aide d’Etat de 150 millions d’euros par an pendant 20 ans, soit 3 milliards d’Euros au total, initialement prévue pour aider au développement d’une filière française en "achetant" le transfert d’expertise de Dong Energy. Nous assistons donc à l’arrivée de nouveaux intervenants totalement étrangers à l’éolien en mer (un industriel du pétrole et un fonds de pension canadien !) intéressés par un contrat très rentable qui devient un placement financier !

Nous continuons à penser que ce projet est mal conçu depuis l’origine, et qu’il faut le revoir en profondeur. Rappelons que notre opposition à ce projet précis est constructive, car depuis l’origine, nous présentons une alternative qui se révèle aujourd’hui parfaitement réaliste et avec 100% de bénéficiaires :

  • Déplaçons le projet à 50 km au large, il n’y aura plus aucune nuisance visuelle des côtes et les Plages du Débarquement ne sont plus profanées
  • Relancer un nouvel appel d’offres aujourd’hui et désigner un nouvel attributaire prendra moins de temps que la durée des recours en justice : les travaux pourront démarrer effectivement
  • Avec un projet actualisé et éloigné, il est possible de produire autant d’énergie avec deux fois moins d’éoliennes (les puissances des machines ont doublé depuis 10 ans)
  • Et enfin, un projet actualisé peut être attribué sans subvention publique puisque les coûts d’installation ont fondu ces dernières années ! C’est une économie de 3 milliards d’euros pour notre pays pour le seul projet de Courseulles-Arromanches !

Nous conduisons cette action en justice conjointement avec la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF). La même action est également engagée à Fécamp-Etretat et Saint-Nazaire-Pornichet-La Baule.